Bilan – Activité B : Montage d’une initiative sur le Web social

Introduction

Pour les fins de ce présent travail, j’ai choisi de mettre sur pied une initiative liée au mouvement du Lundi sans viande (Meatless Monday en anglais). Cette tendance qui prend de plus en plus d’ampleur au Québec est déjà bien présente au Canada et à travers le monde. Cette campagne promeut les bienfaits d’une alimentation saine et diversifiée sans aliment d’origine animale. J’ai choisi cette thématique en raison de mon intérêt pour l’alimentation santé, végétarienne, végétalienne et vivante. Bien qu’être végétarien/végétalien soit de plus en plus accepté socialement, il existe encore bon nombre d’éléments qui méritent d’être démystifiés. En effet, plusieurs personnes ignorent que le mouvement du Lundi sans viande fait la promotion d’une alimentation exempte de tous produits d’origine animale (viande, œufs, produits laitiers, etc.) Ainsi, en mettant sur pied une page de promotion des lundis sans viande, je souhaitais favoriser le partage et l’échange de recettes et faire connaître les raisons environnementales qui se cachent derrière le mouvement afin de faire tomber quelques préjugés et montrer que l’alimentation végétalienne peut être goûteuse et colorée.

L’initiative présentée dans ce rapport consiste donc à promouvoir les Lundis sans viande et à créer un point de ralliement où les gens pourront découvrir quelques liens intéressants et partager leurs recettes et leurs sources préférées.

Composantes de l’initiative

Le point de ralliement central de l’initiative constituait un blogue, où des billets portant sur des sources intéressantes ou des recettes ont été postés. La fréquence de publication était d’environ deux billets par semaine. Des liens menant vers ces billets étaient ensuite laissés sur la Page Facebook prévue à cet effet, sur la page Diigo du groupe-cours, sur une page Flickr créée dans le cadre de l’activité ainsi que sur un forum portant sur l’alimentation végétarienne (voir Figure 1).

Figure 1 – Représentation graphique des composantes de l’initiative

Moyens de promotion de l’initiative

  1. Blogue sur WordPress – Lieu principal de ralliement et l’endroit virtuel où je faisais à proprement dit la promotion de mon sujet. Il s’agit donc d’un point d’information où les gens peuvent laisser des commentaires, découvrir des liens intéressants, etc. J’y ai publié quelques billets sur le mouvement, ainsi que des suggestions de lectures et de recettes. (http://leslundis.wordpress.com/)
  2. Page Facebook – Espace de partage de liens intéressants et de recettes (https://www.facebook.com/leslundis)
  3. Partage de liens dans le groupe INF6107 Diigo. Ce moyen visait à augmenter l’achalandage sur le blogue, à partager mon initiative avec les autres collègues du cours et à expérimenter le potentiel de diversification des référents.
  4. Invitation via courriel à mes contacts personnels pour les inciter à aimer la page Facebook, à partager des liens et des recettes ainsi qu’à visiter le blogue et y laisser des commentaires.
  5. Sujet de discussion laissé sur le forum Service Vie, afin de partager sur le sujet avec des gens ayant un intérêt commun pour l’alimentation végétarienne et végétalienne. (http://forum.servicevie.com/viewtopic.php?f=6&t=27195&sid=a4075a4064e1f503d854341bcd4a208c)
  6. Ouverture d’un compte Flickr pour partager des photographies de recettes végétaliennes expérimentée dans le cadre de l’initiative. (http://www.flickr.com/photos/leslundis/)

 Activités menées

D’abord, j’ai effectué des recherches afin de trouver un sujet qui m’interpelle et qui mérite selon moi d’être davantage mis en valeur. Ma passion pour la saine alimentation m’a menée à l’idée du Lundi sans viande, un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur. Évidemment, ce sujet reçoit actuellement beaucoup d’attention et d’autres sites y sont consacrés, notamment le site Web « officiel » du Mouvement Québécois pour le Lundi sans viande. L’initiative vise donc à familiariser des individus à ce sujet afin qu’ils découvrent d’autres sources intéressantes sur le sujet et qu’ils intègrent cette pratique à leurs habitudes hebdomadaires.

Une fois la phase de recherche terminée, j’ai créé un blogue sur WordPress afin qu’il serve de point de ralliement principal pour l’initiative. J’ai par la suite généré une page Facebook. Ces deux outils de diffusion ont été alimentés de manière régulière au cours des 4 semaines pendant lesquelles s’est déroulé le présent projet. J’ai envoyé un message privé commun via Facebook à mon réseau personnel afin de recruter de « nouveaux membres » et d’améliorer la visibilité de mon initiative, en les invitant à partager le lien avec leurs propres contacts. J’ai également participé à un forum sur l’alimentation végétarienne afin de faire connaître mon blogue et j’ai capturé des liens reliés à mon initiative afin de les partager sur la page Diigo du cours. Enfin, j’ai créé un compte Flickr dans lequel j’ai joint des photographies de recettes réalisées dans le cadre de l’initiative, et certaines sont accompagnées d’un lien qui mène vers la recette publiée sur mon blogue. Cependant, comme je n’avais pas déjà un compte sur Flickr, il m’a été assez difficile de développer en 4 semaines un réseau. Ainsi, ce moyen, bien qu’intéressant à long terme, s’est avéré peu efficace dans le présent cas.

Enfin, j’ai constaté avec intérêt qu’en intégrant un lien vers un blogue sur l’alimentation végétalienne, un référent se créait puisque la blogueuse en question avait mis en place un système qui affiche toutes les référence à un billet à la suite de ce dernier (voir la dixième référence de la Figure 2). Ainsi, citer des blogues populaires dans son propre blogue lorsqu’un tel système est en place peut permettre d’accroître dans une certaine mesure la visibilité de notre propre blogue.

Figure 2 – Référent via le blogue Soya et Chocolat

 Analyse des statistiques

Blogue

 Au cours des quatre semaines pendant lesquelles l’initiative s’est déroulée, il y a eu un total de 80 visites sur le blogue (voir Figure 3). Le jour où l’achalandage a été le plus élevé comptait un total de 16 visites. Cela coïncide probablement avec l’envoi d’un message à mes contacts pour les inciter à devenir membre de la page Facebook et à visiter mon blogue. La publication des nouveaux billets sur la page Facebook a stimulé le nombre de visites comme nous le verrons dans la figure portant sur les référents.

 

 Figure 3 – Fréquence de visites sur le blogue

  En ce qui concerne la provenance des visiteurs du blogue (voir Figure 4), la très grande majorité (77) de ces derniers étaient canadiens alors que 3 d’entre eux provenaient des États-Unis et de la France. Cela peut s’expliquer par le fait que j’ai principalement rejoint mon réseau personnel pour les besoins du présent travail et que la plupart d’entre eux résident au Québec.

Figure 4 – Provenance des visiteurs du blogue

Pour ce qui est des référents, il est intéressant de souligner que la plupart d’entre eux proviennent de Facebook. Ainsi, Facebook s’avère donc un moyen parallèle efficace de rejoindre les gens et de faire la promotion d’une initiative puisque les nouvelles publications s’affichent automatiquement dans le fil de nouvelles des membres. Ainsi, ces derniers  n’ont aucun effort à fournir pour découvrir l’information; les publications viennent plutôt à eux sans qu’ils n’aient à faire de recherches.

Figure 5 – Principaux référents du blogue

Les publications ayant été les plus populaires sont les premières qui ont été partagées avec les lecteurs et les membres de la page Facebook (voir Figure 6). Les visiteurs ont sans doute exploré le blogue au moment où ils sont reçus mon courriel leur faisant connaître mon initiative, ce qui explique le nombre de « vues » élévés pour ces billets. Le contenu du billet et la présence de photographies ne semble pas ici influencer le nombre de visites pour chaque billet publié.

Figure 6 – Popularité des billets du blogue

 Faits saillants

  • La publication de liens sur la page Facebook de l’initiative joue un rôle important dans la fréquence des visites sur le blogue.
  • Il est difficile de rejoindre les individus et de les fidéliser afin qu’ils prennent l’habitude de visiter un blogue régulièrement.
  • La plupart des internautes qui ont visité le blogue l’ont fait à titre d’observateurs et n’ont laissé aucun commentaire.

Page Facebook

En ce qui concerne la page Facebook, 32 individus ont « aimé » ma page. Il est intéressant de souligner que la majorité des membres était de sexe féminin et s’inscrivait dans la tranche d’âge des 25-34 ans (voir Figure 7). De plus, tous les participants rejoints étaient d’origine québécoise.

Figure 7 – Âge et sexe des membres de la page Facebook

Par rapport à la fréquence des visites sur la page Facebook et des visiteurs uniques (voir Figure 8), une majorité d’entre eux n’a visité qu’une seule fois la page Facebook. Ainsi, on peut supposer qu’il est assez difficile de fidéliser les internautes compte tenu de l’offre immense du Web.

Figure 8 – Fréquence de visites sur la page Facebook

Faits saillants

  • Le contenu présentant des liens et des nouvelles sources est celui qui semble le plus attirer l’attention;
  • La majorité des membres tend à agir à titre d’observateur, il est difficile de stimuler une participation active;
  • L’augmentation du nombre de membres et la fidélisation de ces derniers doit nécessairement s’effectuer sur une longue durée pour connaître de meilleurs résultats;
  • Tous les membres de ma page Facebook sont issus de mon réseau personnel.

Facteurs d’influence

Faire connaître l’initiative auprès de son réseau personnel s’avère une première étape importante et efficace pour mobiliser quelques individus à s’y intéresser et à y participer. L’effet du bouche à oreille et du partage de liens peut ainsi faire mousser la popularité du blogue et de la Page Facebook. Ainsi sont consignés dans un tableau les éléments qui ont selon moi amélioré la visibilité de mon initiative ainsi que ceux qui ont pu y nuire.

Facteurs positifs

Facteurs négatifs

  • Des publications régulières stimulent le nombre de visites sur le blogue;
  • Présence sur Facebook, une interface qui rejoint facilement un grand nombre d’individus;
  • L’alimentation régulière du contenu de la Page Facebook augmente le nombre de visites et d’interaction;
  • La capture de liens vers la page Diigo du cours;
  • Citation de billets publiés par d’autres blogueurs :
  • Contacter mon réseau personnel afin de susciter leur collaboration;
  • Publication de photographies des recettes réalisées;
  • La non utilisation d’étiquettes lors de la publication de billets a pu influencer le repérage dans les moteurs de recherche;
  • L’interface moins conviviale du blogue par rapport à celle de Facebook;
  • Le forum choisi pour y laisser des liens vers le blogue était peu fréquenté;
  • Présence et réseau limité sur Flickr;
  • La méconnaissance des moyens à utiliser pour augmenter le repérage de notre page Web sur Google;

Tableau 1 – Facteurs positifs et négatifs sur la visibilité

Conclusion

Bien que la période de quatre semaines fût brève, je peux néanmoins tirer certaines conclusions de cette expérience enrichissante. D’abord, en mettant sur pied une initiative virtuelle, j’ai réalisé qu’il n’était pas nécessairement facile de rejoindre les individus via le Web. Bien qu’Internet ouvre certaines frontières, il faut garder en tête que les internautes sont sans cesse bombardés d’information et sollicités pour participer à différentes initiatives. Toute action qui nécessite un temps important risque de cause un désengagement de la part des membres et des lecteurs Ainsi, dans une vision à long terme, il est primordial de développer des initiatives qui n’exigent qu’un minimum de temps et d’implication de la part de l’usager. Il peut également être intéressant de sonder les membres afin de savoir ce qu’ils aimeraient lire et de quelles façons ils souhaiteraient participer.

Afin d’amorcer une initiative, il est plus qu’aidant d’exploiter son propre réseau. Les contacts personnels pourront à leur tour faire connaître l’initiative à leur propre réseau, et ainsi de suite. Ce point de départ a pour ma part été essentiel à la naissance d’un intérêt collectif pour ma thématique. Facebook, du fait que de nombreux individus ont déjà l’habitude de fréquenter le site, s’avère un moyen de premier choix pour un premier contact avec les internautes. Son interface conviviale est déjà bien connue et maîtrise et la page principale, alimentée des plus récentes publications, permet une certaine visibilité. Enfin, il n’est pas aisé de stimuler la participation active des internautes, qui agissent le plus souvent comme observateurs. Ainsi, sans les statistiques de visites qui nous prouvent le contraire, on peut avoir l’impression que notre page ne suscite aucun intérêt chez les internautes.

Bref, la mise sur pied d’une initiative sur le Web est un projet à long terme. Il est nécessaire de multiplier les stratégies afin de rejoindre de nouveaux membres et de faire connaître la page principale et ses éléments satellites.

Le Web social dans les bibliothèques publiques québécoises

 Introduction

Dans le but de m’approprier la matière apprise dans le cadre de ce cours et de l’intégrer à mes champs d’intérêts professionnels, j’ai décidé d’aborder la question du Web social à travers le milieu des bibliothèques publiques au Québec. Ce rapport présentera une projection du potentiel de l’utilisation des médias sociaux par les bibliothèques publiques sur trois échelles de temps différentes (un an, 5 ans, 20 ans). Les changements et les transformations apportés par le Web social dans les bibliothèques publiques seront énoncés et prendront la forme d’une réflexion personnelle qui s’appuiera sur différents textes cités en bibliographie.

Le sujet est vaste et, de toute évidence, la brièveté de ce travail ne pourra me permettre de traiter en profondeur de tous les aspects de ce phénomène. Il est donc important de préciser qu’il sera question de dresser un portrait global de la situation. Ainsi émergeront des pistes de réponses à des questions telles que : Quels seront les catalyseurs ou les freins ? Est-ce que l’appropriation de ces nouveaux outils par les bibliothèques et par leurs usagers sera lente ?

D’abord, le milieu des bibliothèques publiques au Québec sera sommairement présenté, en lien avec son contexte socio-historique. Par la suite, il sera question de décrire brièvement les tendances actuelles ainsi que leurs forces et leurs limites. Subséquemment, cette mise en place du sujet permettra d’extrapoler les tendances sur des périodes d’un, cinq et vingt ans.

Description du milieu

Depuis le début des années 60, le réseau des bibliothèques publiques du Québec s’est considérablement développé, autant dans les villes que dans les milieux ruraux. Différents programmes ou politiques mis en place par le gouvernement ont entre autres contribué à l’essor de ce secteur. Il est intéressant de souligner qu’en 1953, seulement 35 % de la population urbaine et 5 % de la population rurale avaient accès à une bibliothèque publique. En 2009, on notait que 94 % de la population était desservie par le réseau des bibliothèques municipales autonomes et des centres régionaux de services aux bibliothèques publiques (CRSPB). Il s’agit donc d’un important progrès. Petit à petit, les bibliothèques ont pris leur place dans le paysage culturel du Québec. De plus, l’ouverture de la Grande bibliothèque à Montréal a favorisé « la découverte de la bibliothèque publique moderne » (Lajeunesse, 2009, 69) et a ouvert la porte à de futures mutations. Plusieurs considèrent les bibliothèques comme des institutions « ayant un poids stratégique dans le développement culturel des Québécois. » (Baillargeon, 2005) En effet, 46 % des budgets alloués à la culture sont investis dans les bibliothèques publiques. (Lajeunesse, 2009, 64) Qui plus est, bien que le pourcentage d’usagers inscrits soit assez faible (plus ou moins 30 %), il est important de mentionner que les bibliothèques demeurent les institutions culturelles les plus fréquentées par l’ensemble de la population québécoise. (Lajeunesse, 2009, 71)

Ainsi, non seulement l’avenue du Web social devient un moyen intéressant pour les bibliothèques de rejoindre leurs clientèles, mais elle leur permet également d’en développer de nouvelles. « Grâce aux technologies de l’information, les bibliothèques publiques abolissent les frontières de l’accès à l’information ». (Goyette, 2002, 11-13)

Le contexte historique de développement des bibliothèques au Québec étant maintenant mis en place, il importe maintenant de définir le concept de bibliothèque publique. Pour ce faire, je m’appuierai sur le Manifeste sur la bibliothèque de l’UNESCO, dans lequel on introduit la notion de bibliothèque publique comme suit :

La bibliothèque publique est le centre local d’information qui met facilement à la disposition de ses usagers les connaissances et les informations de toute sorte.

Les services de bibliothèque publique sont accessibles à tous, sans distinction d’âge, de race, de sexe, de religion, de nationalité, de langue ou de statut social. Des services et des documents spécifiques doivent être mis à la disposition des utilisateurs qui ne peuvent pas, pour quelque raison que ce soit, faire appel aux services ou documents courants, par exemple, les minorités linguistiques, les personnes handicapées, hospitalisées ou emprisonnées.

Toute personne, quel que soit son âge, doit avoir accès à une documentation adaptée à ses besoins. Les collections et les services doivent faire appel à tous les types de supports et à toutes les technologies modernes, de même qu’à la documentation traditionnelle. Il est essentiel qu’ils soient d’excellente qualité, répondant aux conditions et besoins locaux. Les collections doivent refléter les tendances contemporaines et l’évolution de la société de même que la mémoire de l’humanité et des produits de son imagination.

Les collections et les services doivent être exempts de toute forme de censure, idéologique, politique ou religieuse, ou de pressions commerciales. (UNESCO, Manifeste sur la bibliothèque publique)

Il est impératif de mentionner que certains éléments-clés sont à retenir dans ce préambule du Manifeste. Soulignons notamment le principe de gratuité, qui constitue le fondement des bibliothèques publiques. L’idée d’accessibilité sans aucune distinction est également primordiale et spécifique à l’institution. Enfin, il est essentiel de prêter attention à l’importance de l’accès sans censure à de l’information de qualité à travers les différents supports et moyens de diffusion. Force est de reconnaître que l’utilisation du Web social s’intègre naturellement dans la mission de la bibliothèque et pourrait contribuer à améliorer l’accessibilité à l’information.

Le Web est de plus en plus utilisé par les bibliothèques afin d’améliorer leurs services et de satisfaire le désir d’autonomie grandissant des usagers dans leurs recherches. Ainsi, depuis quelques années déjà, les bibliothèques se sont dotées d’OPAC (Online Public Access Catalogue) ou de catalogues en ligne, et ont développé des interfaces où l’usager peut consulter son dossier, renouveler ses prêts, réserver des documents, emprunter des livres numériques et parfois même clavarder avec un bibliothécaire via un service de référence virtuel. L’appropriation des technologies de l’information et de la communication par les bibliothèques est donc déjà bien amorcée, mais, à mon avis, des ponts solides de communication plus informels demeurent encore à bâtir via l’utilisation du Web social. Il faut se rappeler que certaines bibliothèques situées en milieu rural et en région éloignée ne disposent pas nécessairement d’autant de ressources technologiques, financières et humaines : le taux d’utilisation des technologies par les bibliothèques n’est donc pas réparti de manière uniforme sur le territoire québécois.

Tendances actuelles

Au Québec, les bibliothèques publiques sont considérées comme des institutions culturelles jeunes. Qui plus est, on stipule que nous sommes « encore en rattrapage avec les voisins », les États-Unis, où les structures organisationnelles font partie de la tradition, ce qui facilite le développement et l’adoption des nouvelles technologies. Il importe de mentionner qu’à l’heure actuelle, les percées sont encore timides en matière de Web social au Québec. Après quelques recherches, il est tout de même possible de découvrir des initiatives isolées. En effet, plusieurs bibliothèques tentent d’intégrer les médias sociaux à leurs activités régulières afin de  rejoindre de nouvelles clientèles et d’optimiser les services offerts, le tout dans une perspective de promotion des services. Dans la plupart des cas, on exploite Facebook, les blogues, les wikis et à l’occasion Twitter.

Force est de constater que plusieurs éléments demeurent toutefois à explorer. À moins d’avis contraire, aucune étude générale ou projet d’implantation à grande échelle n’a à ce jour été publié pour jeter les bases d’une utilisation généralisée du Web social par les bibliothèques publiques québécoises. Cependant, on peut se douter que de manière individuelle, la plupart des bibliothèques en sont à évaluer les possibilités d’intégrer les réseaux sociaux et à en mesurer les impacts potentiels.

Afin d’explorer les tendances actuelles, citons le cas de la Ville de Montréal qui a mis sur pied un projet d’utilisation du Web social. Cela leur a permis de dresser un portrait global et d’évaluer les opportunités du réseau municipal de bibliothèques à intégrer le Web social dans son quotidien. En préambule de la présentation des résultats de l’enquête de 2010, on rapporte une hausse de 73 % du nombre de Montréalais de 16 ans et plus utilisant le Web à des fins personnelles. (Institut de la statistique du Québec, 2009) Ils « accèdent à des services en ligne, recherchent et partagent des informations, créent du contenu et interagissent entre eux ». (Martel et Passerini. 2011) Cette forte présence des citoyens sur le Web justifie donc la pertinence de percer ces réseaux pour diversifier les stratégies des bibliothèques. L’expérience a débuté en 2008 par l’implantation d’outils internes (wiki, webzine, blogue et espace NetVibes). En 2009, des outils externes tels que des comptes Twitter, Facebook, YouTube et Flickr ont été ajoutés. L’année 2010 était destinée à la « consolidation [de cette nouvelle présence virtuelle], par le biais d’une stratégie pour le Web social ». (Martel et Passerini. 2011) L’enquête s’est concrétisée à travers l’envoi de 43 questionnaires aux différentes bibliothèques du réseau. Les résultats ont démontré que 27 % des bibliothèques (soit 12 d’entre elles) possédaient un compte Facebook. Dans le rapport, cette donnée est mise en relation avec les résultats d’une enquête sur les organisations québécoises menée en 2009 par Baromètre multiple-media qui révèle un taux de pénétration de 12 %. Les pratiques des bibliothèques de Montréal surpassent donc la moyenne québécoise. En ce qui a trait à Twitter, une seule bibliothèque avait créé un compte. La firme Baromètre multiple-media rapporte un taux de pénétration de 6 % en ce qui a trait aux organisations québécoises. (Martel et Passerini. 2011) Enfin, seule une bibliothèque du réseau avait mis sur pied un blogue. Ainsi, un an après le lancement de l’initiative, on peut constater que les percées étaient encore timides. En matière de formation sur ces outils, 44 % des répondants ce sont montrés intéressés à apprendre à maîtriser Facebook, alors que le pourcentage est de 24,6 % pour Twitter. (Martel et Passerini. 2011) On constate donc que l’intérêt pour Facebook est plus manifeste.

Quant aux raisons d’utiliser le Web social dans les bibliothèques, l’interaction avec l’usager n’est pas l’élément que les bibliothèques interrogées ont le plus soulevé. L’usage du Web social est surtout perçu comme outil de promotion des services de la bibliothèque. Est-ce que ces résultats sont le symptôme de l’influence du modèle commercial de gestion ? Certains stipulent que « la bibliothèque devient un organisme public dont la performance est définie par le volume d’activité et d’abonnés ou d’usagers, plutôt que par son rôle et son impact sur son milieu. » (Delorme, 2000, 46) Outre le manque de temps et de ressources, il pourrait s’agir d’un élément expliquant le faible taux de pénétration. Enfin, 75 % des bibliothèques interrogées se sont montrées intéressées à participer à un comité sur le Web social, ce qui démontre une ouverture à intégrer ces outils aux pratiques courantes. (Martel et Passerini. 2011) Le plan d’action né des résultats recueillis au cours de l’enquête prévoit « une consolidation du Web social, tant sur le plan corporatif que local » afin d’augmenter la présence des bibliothèques publiques de Montréal sur les réseaux sociaux, de favoriser le réseautage et « d’installer une identité numérique forte ». (Martel et Passerini. 2011)

Forces et limites liées à ces tendances

La mise en place d’un projet d’intégration du Web social dans les bibliothèques comporte plusieurs forces et avantages. D’une part, il est important de mentionner que l’utilisation du Web via des outils de communication plus informels peut permettre aux bibliothèques de rejoindre une plus grande clientèle. Cela s’inscrit dans la culture organisationnelle de plusieurs bibliothèques où l’évaluation des services et l’attribution des budgets sont souvent basées sur des critères de performance et d’augmentation de la clientèle. D’autre part, suivre les tendances actuelles du Web social pourrait amener les bibliothèques à se positionner comme des acteurs culturels ayant une vocation sociale sur le Web. Qui plus est, le partage des connaissances est amélioré par l’utilisation des médias sociaux. Par le fait même, les interactions engendrées entre l’institution, ses usagers et d’autres organismes, acteurs ou professionnels du milieu favorisent le réseautage, un atout qui s’avère précieux. Néanmoins, bien que cela puisse à première vue paraître simpliste, l’argument le plus récurrent consiste en l’accroissement de l’offre de l’information et de son accessibilité, un élément que nous pouvons aisément mettre en relation avec le rôle démocratique que jouent les bibliothèques publiques dans la société. Cependant, comme il en sera question ultérieurement, il faut souligner que les avantages liés à l’accessibilité sont confrontés à leurs propres limites.

Outre les avantages et les points positifs, un tel projet implique également des désavantages et des limites dont il faut tenir compte. Concernant le facteur temps, il importe de garder en tête que la mise à jour et l’interaction avec les usagers exige un investissement important. Il pourrait devenir nécessaire d’y dédier une ressource dont la description de tâches est spécialement liée à la gestion des médias sociaux. Nécessairement, cela a des impacts sur les budgets, ce qui peut justifier certaines réserves à lancer un tel projet, dans un milieu où les ressources disponibles sont souvent limitées. De plus, des questions liées aux limites du réseau et à la sécurité informatique pourrait freiner les ambitions à aller de l’avant. Enfin, il importe de tenir compte de certains symptômes directement liés à la société de l’information.

Le Web participatif est souvent qualifié de démocratique car il promeut l’idée d’un accès égalitaire aux ressources numériques. Or, en 2012, la fracture numérique est encore bien présente et divers facteurs contribuent à creuser ce fossé entre les individus et les technologies de l’information. Un écart important persiste donc entre les riches de l’information et les pauvres de l’information. Dans certains cas, cet écart est étroitement lié au niveau de littératie de l’individu et à son éducation. Cependant, la fracture numérique peut aussi être rattachée à des facteurs d’ordre économique : les ménages à faibles revenus sont statistiquement branchés en plus petit nombre. Cette fracture se ressent aussi aux niveaux géopolitique, linguistique (contenu Web surtout en anglais, or, les individus ne sont pas tous bilingues) et générationnel (écart entre les natifs du numérique versus les visiteurs). L’accès est donc ni universel, ni réparti de manière équitable sur le grand territoire du Québec. Ainsi, l’accès aux technologies de l’information ne se résume pas à l’accès matériel aux ressources. Une typologie des non-utilisateurs d’internet a d’ailleurs été élaborée afin de comprendre l’étendue du phénomène.

Sally Wyatt et ses collègues, par exemple, ont identifié quatre groupes de non-utilisateurs : les « abandonnistes volontaires » (rejecters), qui n’utilisent plus Internet par choix personnel ; les « abandonnistes involontaires » (expelled), qui ont arrêté d’utiliser Internet pour des raisons qui ne relèvent pas de leur volonté ; les « exclus » (excluded), qui ne peuvent avoir d’accès par manque d’infrastructure ou de moyens socio-économiques ; et les « résistants » (resisters), qui n’ont jamais utilisé Internet, par choix. (Granjon, 2011, 69)

Différentes causes sont responsables de ces écarts d’utilisation et de non utilisation des technologies de l’information. Il s’agit parfois de causes sur lesquelles l’individu concerné n’a pas nécessairement le contrôle. D’où l’importance de bien distinguer l’abandon volontaire de l’abandon involontaire : certains utilisateurs sont tout simplement réticents à utiliser Internet et choisissent délibérément de tourner le dos au Web pour diverses raisons. Il est donc faux de croire qu’au 21e siècle, tous les individus ont nécessairement accès aux technologies de l’information et qu’ils les utilisent quotidiennement.

Extrapolation des tendances

Mes prédictions, consignées dans le Tableau 1, se résument comme suit.

  • En ce qui a trait au taux de pénétration, après la première année, il risque d’être assez lent. Il pourrait cependant connaître une progression importante après 5 ans (voir les estimations dans le Tableau 1).
  • Quant à l’utilisation de ces services et à leur appropriation par les individus membres d’une bibliothèque publique, on peut penser que la progression sera lente. Un certain temps sera requis pour que les utilisateurs se familiarisent avec ces nouveaux lieux d’échange virtuels et les intègrent à leur routine personnelle sur le Web. Ainsi, après 5 ans, il serait réaliste de constater une augmentation importante du nombre de membres ayant adhérés à ces nouveaux outils.
  • En matière de population desservie, rappelons qu’en 2009, on estimait que 94 % des québécois avaient accès à une bibliothèque publique. À cet effet, on peut s’interroger à savoir si ce taux serait de 100 % avec l’utilisation du Web social Or, il serait plutôt idéaliste de présumer que l’ensemble des citoyens profiteraient des services d’une bibliothèque publique si les médias sociaux étaient exploités par toutes les institutions. Ainsi, il importe de considérer les impacts de la fracture numérique sur l’utilisation des technologies de l’information. À l’heure actuelle, il demeure difficile d’estimer le nombre d’années requises pour que cette fracture se dissipe totalement.
  • Pour ce qui est des prévisions après 20 ans, il m’est apparu difficile d’effectuer toute extrapolation. Les technologies évoluent et se renouvellent à un rythme étourdissant; je ne saurais donc prétendre savoir ce que l’avenir nous réserve dans 20 ans tant il est imprévisible. Le paysage technologique au Québec aura probablement subit de profonds changements.

1 an 5 ans 20 ans
Taux de pénétration timide de 10 %. Ce chiffre s’appuie sur les résultats de l’enquête réalisée par la Ville de Montréal en 2010 (Martel et Passerini. 2011).

Faible taux d’utilisation des services en ligne et des outils de Web social par les usagers, soit environ 5 % des membres.

Nécessité de faire connaître ce passage au Web social via une campagne d’information/de promotion.

Outil le plus utilisé : Facebook

Augmentation importante du taux de pénétration, il est plausible de l’estimer à 70 %.

Appropriation progressive des plates-formes du Web social par les usagers de la bibliothèque. On pourrait penser que 35 % des membres utilisent les services en ligne et les outils de Web social.

Augmentation significative des membres sur les différents réseaux/médias sociaux.

Outil le plus utilisé : Facebook; Twitter gagne peu à peu en popularité.

Le rythme effréné du développement des technologies nous empêche de savoir ce que l’avenir nous réserve.

On peut penser que toutes les bibliothèques utiliseront les réseaux sociaux. Ceux-ci, cependant, auront peut-être subi de grandes mutations et rien ne nous garantit que Facebook et Twitter soient toujours présents.

Tableau 1 : Extrapolation des tendances (1 an, 5 ans, 20 ans)

Conclusion

Somme toute, les impacts prévisibles de l’utilisation du Web social par les bibliothèques sont nombreux. Force est de reconnaître que peu importe les impacts qui seront engendrés par l’utilisation du Web social par les bibliothèques publiques au Québec, les actions entreprises en ce sens nécessiteront une révision complète de la culture organisationnelle ainsi qu’une restructuration des orientations, des pratiques et des processus de travail. Les nombreux risques, de même que les limites associées à ce genre de projet, agissent comme des inhibiteurs et pourraient expliquer les avancées timides des bibliothèques sur le terrain. Des exemples de succès aideraient fort probablement les instances décisionnelles à implanter des projets semblables dans leurs institutions. Une implantation successive par le biais de projets-pilotes limiterait les risques et impliquerait des investissements moindres. En somme, une analyse approfondie des impacts positifs réels de ces projets pourrait par la suite convaincre les directions à suivre le courant. Indéniablement, le Web social est un moyen efficace et actuel de rejoindre les individus; il suffit d’adapter les outils choisis aux besoins des usagers.

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Bibliographie

Delorme, Silvie. 2000. D’une institution culturelle à une institution démocratique. Passage obligé : L’ouverture citoyenne des bibliothèques publiques du Québec. Bulletin des bibliothèques de France (BBF), t. 45, no. 5 : 42-46.

Goyette, Marie. 2002. Politique culturelle et bibliothèque publique : lieu de diffusion et de savoir. Montréal : Éditions Asted.

Granjon, Fabien. 2011. Fracture numérique. Communications 1 no. 88 : 67-74. <www.cairn.info/revue-communications-2011-1-page-67.htm> (consultée le 22 mai 2012).

 Québec, Institut de la statistique du. 2009. Technologies de l’information et des communications (TIC) : Ménages/Individus. <http://www.stat.gouv.qc.ca/savoir/indicateurs/tic/menages_individus/index.htm #fins_personnelles> (consultée le 22 mai 2012).

Labory, Marie-Hélène. 2011. Twitter en plus de 140 caractères. Argus. <http://revueargus.qc.ca/index.php/2011/01/20/twitter-en-plus-de-140-caracteres/> (consultée le 23 mai 2012).

Lajeunesse, Marcel. 2009. Bibliothèques publiques au Québec. Bulletin des bibliothèques de France (BBF), t. 54, no. 3 : 64-72.

Martel, Marie D. Sylvie Passerini. 2011. Le Web social dans les bibliothèques de Montréal : les résultats de l’enquête 2010. Argus. < http://revueargus.qc.ca/index.php/2011/01/20/le-web-social-dans-les-bibliotheques-de-montreal/> (consultée le22 mai 2012).

Passerini, Sylvie. 2010. WikiBPM : une application du Web social. Ville de Montréal. <http://espaceb.bibliomontreal.com/2010/04/26/wikibpm-une-application-du-web-social/> (consultée le 23 mai 2012).

Proulx, Serge et al. 2010. Web social : mutation de la communication. Québec: Presses de l’Université du Québec.

UNESCO. Manifeste de l’UNESCO sur la bibliothèque publique. <http://www.unesco.org/webworld/libraries/manifestos/libraman_fr.html> (consultée le).

L’identité (et l’entité) gouvernementale à l’ère du web social

Un très récent rapport intitulé Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 peut améliorer les services aux citoyens vient d’être publié par le Gouvernement du Québec. Ce texte a été rédigé par le Groupe de travail sur le Web 2.0 chapeauté par le député Henri-François Gautrin, avec la collaboration de la Direction des communications du Secrétariat du Conseil du trésor (SCT).

Ainsi, le gouvernement du Québec, en tant qu’institution (si on reprend les termes présentés au module 6 du cours INF6107 – Le Web social), souhaite se positionner dans l’espace virtuel du Web 2.0 pour mieux servir ses citoyens. La vigilance sera sans doute une priorité dans ce nouveau processus, car « une action relativement anodine peut avoir des effets considérables sur la réputation institutionnelle si elle est très visible. » (Paquet, 2012).

Parmi les constats énoncés dans ce rapport, citons ces derniers :

Avec le Web 2.0, les individus ne sont plus isolés face à une source d’information. Ils sont désormais constitués en réseaux et manifestent de plus en plus d’intérêt à interagir avec le gouvernement par l’intermédiaire des médias sociaux.

L’accroissement et la diversité des technologies numériques offrent de nouvelles possibilités pour l’administration québécoise, qui lui permettront de répondre aux attentes et aux besoins de la population.

Le Web 2.0 au gouvernement du Québec n’est pas uniquement un projet technologique, mais un changement de culture et de comportements organisationnels qui doit émaner de la plus haute autorité gouvernementale. (Gautrin, 2012, 3-4)

De plus, parmi les objectifs visés, on souhaite : « Miser sur l’importance d’aborder différemment les rapports entre le gouvernement et les citoyens et entre les ministères et organismes en adoptant une stratégie de communication Web 2.0, qui nécessite, de la part du gouvernement : la transparence de ses activités ; une participation active des citoyens à ses actions ; la collaboration entre les employés des ministères et organismes gouvernementaux. » (Gautrin, 2012, 4)

Bien entendu, ce virage nécessitera la mise en place d’un plan stratégique avant la mise en œuvre d’un tel projet qui doit entre autres être sensible aux questions liées à la protection de renseignements personnels, à la sécurité de l’information et à la fracture numérique. Les points les plus importants des recommandations favorisent la transparence, le format libre, la communication entre employés et  la participation citoyenne via un forum et un espace de débat. Bref, on jette dans ce rapport les bases d’un gouvernement 2.0, même si la part la plus importante du travail (soit la mise en œuvre) reste à faire.

On peut s’interroger sur l’influence qu’aura cette nouvelle présence du gouvernement québécois sur le Web social. Il sera intéressant de suivre les développements et les initiatives qui feront suite à ce rapport de près. D’ici là, je vous encourage à aller consulter le document, disponible en ligne !

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Références

Gautrin, Henri-François. 2012. Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliorera-t-il les services aux citoyens?  < http://www.mce.gouv.qc.ca/publications/rapport-gautrin-web-2-2012-03-06.pdf >

Paquet, Sébastien et al. 2012. Module 6 : Groupes et identité sur le web In INF6107 Le Web social. <http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/inf6107/spip.php?article=31&rubrique=10>

Réseautage en temps réel

Les blogues font partie de l’univers numérique, et les blogueurs se définissent souvent via une identité/réputation virtuelle propre aux valeurs et à l’image qu’ils véhiculent à travers le contenu diffusé dans leur espace. Or, il serait réducteur de croire que ces interactions sociales ne se déroulent que dans la blogosphère. Le réseautage virtuel permet la mise en contact d’individus partageant des intérêts communs, une mise en contact qui se concrétise parfois en dehors de la toile. Un pied de nez à ceux qui stipulent que les médias sociaux déshumanisent les relations : au contraire, ils peuvent donner naissance à des rencontres enrichissantes. Il s’agit d’un moyen efficace et quasi sans égal d’entrer en contact avec des gens ayant les mêmes intérêts, les mêmes passions, les mêmes questionnements que soi. On rencontrerait  un individu dans le métro, et on ne pourrait se douter qu’il est passionné de cuisine végétalienne; le blogue permet cette visibilité. Il agit comme un « journal » ouvert. On accède donc facilement à des propos qui n’existent que parce qu’ils sont consignés sur le Web.  On réseaute pour discuter, partager, créer des partenariats et même pour faire connaître de nouveaux produits. Voici quelques exemples (non exhaustifs).

Parmi les initiatives mises sur pied, citons la rencontre de réseautage qui s’est déroulée en 2010, soit le « Premier rendez-vous de blogueuses » organisé par le magazine Coup de pouce. Ce dernier a permis à 12 femmes blogueuses de se rencontrer. Les sujets traités pendant cette rencontre étaient les suivants : « combien de femmes tiennent-elles un carnet personnel sur le Web, est-il possible de vivre de son blogue, quelles sont les bonnes pratiques d’écriture et comment bloguer pour une entreprise? » (Poirier et Milot, 2010) sLe réseautage entre mères blogueuses peut entre autres contribuer à contrer la solitude pendant le congé de maternité car il favorise les échanges.

Les blogues sur l’alimentation sont également propices aux rendez-vous et au partage. Par exemple, certains blogues permettent de se renseigner sur l’alimentation végétalienne, moins « commune », et surtout, de partager des recettes et échanger des astuces.  Il existe d’ailleurs à Montréal un réseau de blogues sur le végétalisme qui démystifie ce courant alimentaire et qui donne accès à de délicieuses recettes qui permettent découvrir le plaisir de manger sainement. Par exemple, un grand pique-nique, initié par l’instigatrice du blogue Soya et Chocolat (http://soyaetchocolat.com/), se tiendra en juin pour réunir des blogueurs et des lecteurs ayant une alimentation végétarienne/végétalienne afin d’échanger et de partager des plats. Des blogueurs étaient également au rendez-vous lors de l’Expo Manger Santé et Vivre Vert qui se déroulait en mars dernier, afin de rencontrer le public !

Le net n’est donc pas qu’un moyen de se cacher derrière un écran; à un deuxième niveau, il stimule  et facilite le réseautage en temps réel.

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Références

Poirier, Marie-Hélène et Vicki Milot. 2010. Le Premier rendez-vous des blogueuses prend forme. Coup de pouce. <http://www.coupdepouce.com/bien-dans-ma-tete/travail/le-premier-rendez-vous-des-blogueuses-prend-forme/a/30882>

Web démocratique ?

Le web participatif, par ses valeurs prônant le libre et la gratuité, est souvent qualifié de démocratique. Ce caractère démocratique réside souvent dans l’idée d’un accès égalitaire aux ressources numériques. Mais qu’en est-il réellement ? Est-il accessible, à tous, quel que soit leur âge, leur sexe, leur origine, leur éducation ? Malheureusement, on ne peut répondre à cette question que par un « non ». En 2012, la problématique de la fracture numérique est toujours bien présente. Elle se concrétise à différents niveaux. D’abord, par l’écart important qui persiste entre des individus « riches de l’information » et les « pauvres de l’information ». Le plus souvent, cet écart est causé par le niveau de littératie de l’individu et par son éducation. Qui plus est, la fracture numérique est aussi liée à des facteurs économiques : les ménages à faibles revenus sont statistiquement branchés en plus petit nombre. La fracture se ressent aussi aux niveaux géopolitique, linguistique (contenu Web surtout en anglais, or, les individus ne sont pas tous bilingues) et générationnel (écart entre les natifs du numérique vs les « visiteurs »). L’accès n’est donc pas universel et n’est pas réparti de manière équitable, autant sur le grand territoire du Québec que dans le monde. De plus, l’accès aux technologies de l’information ne se résume pas à un accès matériel aux ressources. Une typologie des non-utilisateurs d’internet a d’ailleurs été élaborée afin de comprendre l’étendue du phénomène.

« Sally Wyatt et ses collègues, par exemple, ont identifié quatre groupes de non-utilisateurs : les « abandonnistes volontaires » (rejecters), qui n’utilisent plus Internet par choix personnel ; les « abandonnistes involontaires » (expelled), qui ont arrêté d’utiliser Internet pour des raisons qui ne relèvent pas de leur volonté ; les « exclus » (excluded), qui ne peuvent avoir d’accès par manque d’infrastructure ou de moyens socio-économiques ; et les « résistants » (resisters), qui n’ont jamais utilisé Internet, par choix. » (Granjon, 2011) Différentes causes sont donc à la source de ces divergences d’utilisation et de non utilisation des technologies de l’information. Il s’agit parfois de causes sur lesquelles les individus n’ont pas nécessairement le contrôle. D’où l’importance de bien distinguer l’abandon volontaire de l’abandon involontaire.

Enfin, outre la fracture numérique, soulignons que  les participants actifs sur ces interfaces sont minoritaires et que la proportion d’utilisateur inactifs est beaucoup plus grande. C’est d’ailleurs ce que soutient Jakob Nielsen  dans son article intitulé « Participation Inequality: Encouraging More Users to Contribute » où il stipule que la participation des utilisateurs suit souvent la règle du 90-9-1, c’est  à dire que 90% sont des observateurs (lurkers), 9% font des contributions occasionnelle et 1% sont des participants réguliers et actifs. (Nielsen, 2006) En d’autres mot, il est donc beaucoup moins inclusif en termes de participation que ce qu’on pourrait s’imaginer.

Le web participatif est-il convivial ? Oui.
Est-il fondamentalement accessible à tous ? Non, pas dans l’absolu.

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Références

Nielsen, Jakob. 2006. Participation Inequality: Encouraging More Users to Contribute. <http://www.useit.com/alertbox/participation_inequality.html>

Granjon, Fabien. 2011. Fracture numérique, Communications 1 no. 88 : 67-74. <www.cairn.info/revue-communications-2011-1-page-67.htm>

Dépendance ?

Scénario d’une journée typique. Au loin, quelque part entre le sommeil, le soleil et la réalité, une voix radiophonique se fait entendre : le cadran qui sonne. À contre cœur commence la routine matinale : lever, café, déjeuner, café. Qu’est ce qui s’impose ensuite : l’ordinateur.  Irrémédiablement. Pourquoi cette presse à se brancher dès le réveil ? Comment est-ce devenu une mauvaise habitude ? Il m’est difficile d’expliquer ce besoin d’aller faire le tour de l’actualité, de mes courriels et de mes blogues préférés et de dire à quel moment exactement le réflexe d’aller sur le Web le matin venu est apparu.

On a beau essayer de s’imposer une trêve, de se dire qu’aujourd’hui, on met l’ordinateur aux oubliettes : c’est quasi impossible. Les technologies se sont insidieusement incrustées dans nos vies, à un point tel qu’elles deviennent indispensables à notre quotidien. Outil de communication, outil d’information, outil de travail, outil de divertissement : nos vies sociale, personnelle et professionnelle se passent partiellement sur Internet.

Il y a quelque temps déjà, j’ai lu un article qui traitait brièvement de la dépendance aux réseaux sociaux. « La dépendance induite par les réseaux sociaux numériques, dont l’adoption est fulgurante dans nos sociétés, serait bien plus tenace que celle liée au tabac ou à l’alcool. C’est du moins ce que prétend un groupe de scientifiques qui vient de mesurer la résistance de l’humain face à ces nouveaux outils de communication ». (Deglise, 2012) Cet article m’a amenée à me questionner sur mes propres habitudes d’utilisation des réseaux sociaux et sur les raisons pour lesquelles j’y passe perds du temps régulièrement.

Sans entretenir  une relation de dépendance envers les réseaux sociaux, je les perçois plutôt comme un outil de partage. Les publications des membres de mon réseau m’amènent souvent à découvrir de nouveaux artistes, livres, articles. L’impact est donc plus positif que négatif puisque les réseaux sociaux stimulent ma curiosité et me lancent sur la piste de découvertes fortuites. Néanmoins, je demeure préoccupée par la place qu’a pris Internet et ses technologies dans mon existence.

Notre utilisation personnelle des réseaux sociaux mérite donc une réflexion.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aux États-Unis, par exemple, Facebook représente un quart de l’audience totale des pages Web. Autre chiffre éloquent, chaque utilisateur de Facebook (et il y en a maintenant plus de cinq cents millions dans le monde), passe en moyenne cinquante-cinq minutes par jour à suivre l’actualité de ses « amis » et à faire partager la sienne. J’ai pris la mesure du sentiment d’accoutumance que les réseaux sociaux pouvaient susciter lorsque j’ai entendu certains de mes amis prononcer des phrases telles que « j’ai décidé d’arrêter Facebook » ou « j’ai réussi à ne pas utiliser Facebook pendant mes vacances ». Remplacez, dans ces deux locutions, le mot Facebook par le mot alcool ou cigarette, et vous comprendrez que nous parlons ici d’une authentique dépendance. (Smati, 2011)

De plus en plus d’articles et d’auteurs traitent du sujet de la dépendance aux réseaux sociaux. Un phénomène social à surveiller ?

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Références

Deglise, Fabien, 2012. La dépendance aux réseaux sociaux : plus forte que le tabac et l’alcool. Le Devoir. <http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/les-mutations-tranquilles/341765/la-dependance-aux-reseaux-sociaux-plus-forte-que-le-tabac-et-l-alcool>

Smati, Rafik. 2011. Réseaux sociaux : La maladie des temps modernes. Atlantico. <http://www.atlantico.fr/decryptage/internet-interconnexion-facebook-160806.html>

Le web participatif, une introduction

Le web participatif, c’est quoi ? Le concept peut paraître flou pour un néophyte. Il est donc intéressant de le définir sommairement en énonçant ses principales caractéristiques.

Au tournant des années 2000, le web participatif a favorisé l’implémentation de nouvelles fonctionnalités qui sont venues compléter le web sémantique qui jusqu’alors dominait. Ces nouveaux contenus sont :

  • produits par des utilisateurs non forcément experts;
  • plus nombreux;
  • proposés gratuitement;
  • échangés entre pairs, sans experts intermédiaires;
  • organisés par les utilisateurs;

(Huynh-Kim-Bang, 2009, 79)

Il s’agit d’un modèle de collaboration « où les utilisateurs finaux des ressources participent à leur production et à leur organisation. » (Huynh-Kim-Bang, 2009, 75) On fait souvent référence à l’expression anglais « work in progress » lorsque ce principe de création évolutive est évoqué .  La participation active des membres a souvent un effet d’entraînement : un commentaire en amène un autre et suffit à ouvrir une discussion ou un débat. Un exemple très concret de cette forme de collaboration virtuelle est le « wiki », un site Web donc les pages peuvent être modifiées/bonifiées par les utilisateurs (p. ex. Wikipedia). Citons également les blogues et les sites de partage de vidéos, de photographies ou de signets.

Le web participatif prend vie à travers un groupe, une communauté virtuelle, qui a généralement des intérêts, des valeurs ou des passions communes. Ce même groupe utilise le plus souvent un code de communication commun et partage une même interprétation des termes et des concepts clés. L’ensemble du groupe et les actions qu’il pose sont le plus souvent régis par des règles et par un code d’éthique, qu’ils soient formels ou informels.

Enfin, il faut souligner que l’essence même du web participation réside dans « l’activité et non [dans] le contenu. Il existe bien des contenus provenant de la participation sur le web, mais ces contenus ne sont pas conçus comme des produits de consommation. » (Paquet, 2012) Pourtant, une grande majorité des utilisateurs du web participatifs ne sont pas des collaborateurs directs mais plutôt des lecteurs/consommateurs qui utilisent ces plates-formes à des fins d’information.

À cet effet, notons que dans la définition du web participatif et de ce qu’il englobe, les frontières entre les membres actifs et les membres passifs sont difficile à définir. Devrions-nous considérer les simples lecteurs (utilisateurs passifs) comme partie intégrante du concept ? Il est difficile de trouver un consensus sur la question.

Quoi qu’il en soit, au-delà de ces incertitudes, le véritable enjeu du web participation concerne la qualité et la fiabilité du contenu, au sens où chaque intervention n’est pas automatiquement évaluée et validée. Cette latitude au niveau de la vérification des contenus entraîne une certaine perte de contrôle dont il faut tenir compte, en tant que consommateur de contenu.

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Références

Huynh-Kim-Bang, Benjamin. 2009. Indexation de documents pédagogiques : fusionner les approches du Web Sémantique et du Web Participatif. <http://scd.uhp-nancy.fr/docnum/SCD_T_2009_0124_HUYNH.pdf>

Paquet, Sébastien et al.  2012. Culture de participation : Du contenu à la participation In INF6107 Le Web social. < http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/inf6107/spip.php?article=66&rubrique=11>

Réseaux sociaux et mobilisation

Les réseaux sociaux favorisent une diffusion à grand V et à grande échelle et notons qu’en termes de circulation de l’information, « il s’est produit une sorte d’effet levier des réseaux sociaux, permettant de soulever les masses ». (De Blasi, 2011) Avec la situation actuelle de grève étudiante, nous sommes à même de constater concrètement le pouvoir de rassemblement que peuvent avoir les réseaux sociaux. Ils permettent de joindre en un temps record un nombre important d’individus, et ce sans aucunes contraintes géographiques ou financières.

Les flash-mobs, l’agora des chats et des tweets, sont un nouvel espace d’expression et de mobilisation peu ou pas régulé ni intégré dans le champ politique. Le temps de l’action politique est bouleversé par leur instantanéité qui provoque une opinion et un effet de masse immédiat. (De Blasi, 2011)

L’instantanéité, c’est la clé de la mobilisation et de la diffusion rapide de l’information. Par exemple, on n’a qu’à actualiser constamment toutes les publications portant le tag #manifencours sur Twitter pour avoir des commentaires en temps réel de manifestants, policiers, journalistes, etc. L’effet d’immédiateté peut toutefois être problématique : un commentaire de 140 caractères ou moins, sans réelle mise en contexte, peut entraîner un soulèvement et un effet de masse qui dépasse parfois les limites de la raison. Ainsi, il n’est pas impossible que plusieurs s’enflamment pour une information qui est erronée ou complètement fausse. Comme dans toutes situations, l’exercice du jugement est de rigueur.

L’instantanéité se manifeste aussi dans des événements tels que les Flash Mob, des évènements de mobilisation éclairs et spontanés qui favorisent le rassemblement d’individus qui s’unissent pour prendre part au mouvement.  « Cette formule peut prendre une tournure politique. Elle devient un outil de pression politique utilisé par plusieurs organisations qui souhaitent faire passer un message d’une manière innovatrice. En d’autres mots, les Flashs Mobs deviennent un outil efficace pour revendiquer, manifester autrement. » (Gosselin-Giguère, Illick et Tu, 2010) Les réseaux sociaux deviennent ici l’outil de d’annonce et de diffusion de ces interventions spontanées et permettent de joindre un nombre important d’individus en peu de temps, ce qui contribue à conserver l’effet de surprise de l’instant présent.

L’instantanéité est aussi « mise à profit par des organisations défendant des causes sociales » qui exploitent les fonctionnalités des réseaux sociaux pour entre autres mettre en ligne des pétitions. Ainsi, les réseaux sociaux peuvent servir des causes sociales ou politiques et appeler à la mobilisation d’individus militant pour des valeurs communes.

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Références

De Blasi, Maxime. 2011. Les réseaux sociaux, comme leviers des mobilisations et des révolutions. Le Monde. <http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/08/les-reseaux-sociaux-comme-leviers-des-mobilisations-et-des-revolutions_1544849_3232.html&gt;

Gosselin-Giguère, Joëlle, Maxime-E. Illick et Sarah Tu. 2010. Éthique et politique : Le cyberactivisme et la démocratie électronique. UQAM. <http://evenementuqam.ca/paract/articles/wp-content/uploads/2011/03/cyberactivisme.pdf>

Giasson, Benoît et Johanne Lapierre. 2012. Grève étudiante et communications à l’ère d’Internet. Radio-Canada. <http://www.radio-canada.ca/sujet/Droits-scolarite/2012/04/03/001-etudiants-reseaux-sociaux-.shtml>

 

Réseau social, le film

Le réseau social (version française de The Social Network), un film réalisé par David Fincher, est apparu sur les écrans en 2010. Il raconte la naissance de Facebook et l’histoire de sa création en 2003 par Mark Zuckerberg, un étudiant d’Harvard et un génie de la programmation informatique. Avant toute chose, mentionnons que le film est une adaptation du roman de Ben Mezrich intitulé « La revanche du solitaire ». Le scénario effleure plusieurs thématiques, de la question des droits jusqu’au grand rêve américain. Développé à Harvard, Facebook est directement inspiré de la structure de ces réseaux et des sororités/fraternités qui caractérisent la culture universitaire américaine. Au départ, cette plate-forme virtuelle s’est donc présentée comme le prolongement naturel de ces relations sociales.

C’est d’ailleurs cette virtualisation très fidèle des relations humaines qui a fait la force de Facebook. Son succès réside également dans son interactivité sans égal et ses fonctionnalités uniques qui le démarquent des autres plates-formes déjà en place.

D’un programme très local, Facebook a rapidement gagné du terrain pour atteindre, cinq ans à peine après son lancement, quelques 500 millions d’utilisateurs. Au fil du film, on découvre une enfilade de litiges qui confronteront le créateur à la justice. Le noyau central de ces litiges rejoint directement la question de la propriété intellectuelle : qui est le véritable créateur de Facebook ? Zuckerberg, ou ces deux étudiants qui l’avaient approché, conscients de ses aptitudes en informatique, pour lui présenter un projet embryonnaire qui s’inscrivait dans cette même ligne de pensée ?

À voir ou à revoir…!

Bande annonce originale du film : http://www.youtube.com/watch?v=lB95KLmpLR4

Développer ses compétences informationnelles

Devant le flot continu d’information auquel nous sommes exposés au quotidien, il est primordial de développer nos compétences informationnelles afin de devenir un lecteur et un internaute averti. Il faut être vigilant face au techno-utopisme; en effet, on doit éviter de mettre des espoirs démesurés dans les ressources technologiques matérielles. L’idéal est de savoir les utiliser avec efficience.

D’abord, que sont les compétences informationnelles ?
En langue anglaise, c’est l’expression « Information literacy » qui domine. La notion de compétences informationnelles peut être définie comme  un « ensemble d’habiletés permettant d’identifier quelle information est nécessaire, ainsi que de localiser, d’évaluer et d’utiliser l’information trouvée dans une démarche de résolution de problème aboutissant à une communication de l’information retenue et traitée. Cet ensemble peut aussi se présenter comme une série de compétences qui permettront à l’individu de survivre et d’avoir du succès dans la «société de l’information».  (Laplante, 2007)

Les internautes doivent développer le réflexe d’aller chercher de l’aide et du soutien dans leurs recherches lorsque requis. Cela peut les amener à mieux maîtriser l’utilisation des nombreux outils mis à leurs disposition (moteurs de recherche, bases de données). Les usagers peuvent se tourner vers différentes ressources afin d’obtenir le soutien nécessaire : il existe en ligne certains tutoriels qui démystifient la recherche d’information, et les bibliothèques et autres services d’information fourmillent d’employés spécialisés qui peuvent devenir une référence notoire en matière de compétences informationnelles. Dans le contexte actuel de la société de l’information, il est nécessaire de fournir à l’utilisateur les connaissances qui lui permettront d’évaluer ses sources, de faire des recherches plus efficaces et de lui donner les outils qui lui permettront de bien définir son besoin et de repérer les meilleures informations. L’usager doit être sensible à la fiabilité des sources et aux phénomènes de désinformation afin de progresser vers une meilleure « information literacy ».

Afin de recentrer la réflexion sur un seul milieu, prenons le cas des universités. Est-ce que les étudiants possèdent des compétences informationnelles suffisantes ? Est-ce qu’ils utilisent à leur plein potentiel les ressources informationnelles qui sont mises à leur disposition ? Bien que de nombreuses formations (souvent non obligatoires) soient offertes dans les bibliothèques, certains pensent qu’un effort supplémentaire doit être fait en ce sens.  Les formations dispensées à l’université méritent d’être repensées pour promouvoir et approfondir les compétences info-documentaires et offrir aux étudiants des catégories permettant de mieux gérer, évaluer et maîtriser la densité d’information, d’acquérir une meilleure autonomie et ne pas laisser le moteur régler la sélection des sources à leur place.  (Gallezot et Simonot, 2009, 22)

En somme, il faut intégrer à nos habitudes ces étapes simplissimes qui peuvent faire toute la différence lorsqu’on consulte de l’information en ligne : évaluer la source d’information et sa fiabilité, valider l’information avec une autre source, remettre en question l’information consultée, apprendre à utiliser les fonctions avancées des moteurs de recherche,  aller chercher le soutien d’un professionnel de l’information (par exemple, dans les bibliothèques publiques) au besoin.

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Références

Gallezot, Gabriel et Brigitte Simonot. 2009. L’entonnoir : Google sous la loupe des sciences de l’information et de la communication. Caen, C&F Éditions.

Laplante, Isabelle. 2007. La culture ou la maîtrise de l’information : définition et opinions In Form@net :  Développer les compétences informationnelles dans l’enseignement secondaire en France et au Québec. <http://www.ebsi.umontreal.ca/formanet/culture.html>